L’interview

Jean Guillaume

Fondateur

de

Pitumarka marque de vetements ecologiques et ethiques

 

Jean Guillaume quel est ton lien avec le Pérou?

Je suis donc franco péruvien.

Je suis toujours allé régulièrement au Pérou et j’ai voulu créer un projet en rapport avec ce pays que je connais très bien.

 

Comment la population locale a accueilli ton projet?

Ils ont étés agréablement surpris et étonnés.

Au départ j’ai toujours voulu travailler avec du coton prima, une variété de coton qui ne pousse qu’au Pérou.

Puis ce fut une suite de rencontres qui m’a amené à travailler avec des fournisseurs engagés qui soutiennent les agriculteurs et valorisent une variété de coton rare et colorée : le coton sauvage.

C’est une fibre naturelle dont les populations autochtones ont toujours voulu préserver l’existence.

Ils ont donc étés fiers de ma démarche de création de vêtements dans une fibre naturelle locale et bio.

Quel est le degré d’investissement écologique du Pérou par rapport à la France?

Il est difficile de comparer car le Pérou reste un pays en développement.

L’aspect écologique n’est malheureusement pas une priorité, d’autant que la majorité des gens ne sont pas encore sensibilisés.

Par contre, certaines populations, essentiellement rurales, de part leurs faibles moyens, utilisent des ressources limitées par rapport à la population française et rien de chaque production ne se perd.

La situation est plus complexe dans les grandes agglomérations comme Lima, même si la classe la plus aisée (et la plus cultivée) commence à prendre en compte l’écologie dans leur façon de consommer.

Comment vois tu l’avenir du pays?

La crise sanitaire de l’année 2020 a ralenti considérablement le développement du pays.

Le confinement est toujours en vigueur depuis Mars et perdure jusqu’à maintenant (Septembre 2020).

L’État n’a pas été en mesure d’aider suffisamment la population péruvienne et beaucoup de péruviens ont perdu leurs emplois et se sont endettés.

Le tourisme prenant une part de plus en plus importante dans l’économie du pays, il est évident que le pays mettra du temps a retrouver la dynamique qu’elle connaissait jusqu’à l’année dernière.

Quelles difficultés as tu rencontré pour mettre en place ton projet?

La première difficulté reste la distance, la communication étant compliquée avec le décalage horaire.

J’ai quand même eu beaucoup de chance car pu aller au Pérou en Janvier et Février 2020 et j’ai ainsi pu mettre en place les fondations de mon projet :

rencontre avec mes fournisseurs

choix des matières premières

visite des usines et des ateliers

design et confection des premiers prototypes

etc …

Ce séjour long au Pérou m’a permis de mettre en place une relation de confiance avec mes contacts locaux. Le fait que je sois franco-péruvien a été d’une grande aide pour communiquer et mettre en place le projet plus facilement.

Si tu étais ministre de l’économie quelles mesures pourrais tu favoriser pour le développement d’idées et d’investissement en France ?

Je développerais davantage d’accompagnement pour les entrepreneurs ayant la volonté de s’engager dans une production écologique et responsable.

Beaucoup de jeunes entrepreneurs s’engagent dans le plan personnel et professionnel pour des projets à impact positif. Pour avoir plus de sens dans leur quotidien : ces projets émergent vraiment par conviction. Je pense que je ferais en sorte que ces projets soient mentorés et soutenus par des structures dédiées.

Comment pourrais t-on se rapprocher d’une économie plus juste et solidaire?

De plusieurs façons : en soutenant l’économie locale, les producteurs locaux, et pour les aliments ou produits qui ne sont pas conçus en France :via des entreprises françaises qui travaillent avec des partenaires certifiés Commerce Equitable à l’étranger.

Je pense sincèrement qu’il faut une multitude de petites entreprises qui font fonctionner l’économie globale plutôt que quelques gros acteurs qui s’accaparent les richesses.

Il est primordial aussi de travailler de façon éthique sans exploitation des gens et des ressources naturelles.

Quelles ont étés tes priorités écologiques dans la mise en place de ton projet?

J’ai toujours souhaité m’engager avec un fort label écologique. J’ai ainsi cherché le label le plus exigeant en terme d’environnement et de prix juste et rémunérateur pour les maillons de la production. J’ai donc choisi la certification GOTS (Global Organic Textile Standard) afin de répondre à cette exigence quitte à payer beaucoup plus cher la matière première.

Je ne veux négliger aucun aspect tant environnemental que sociétal avec un fort engagement éthique afin de favoriser le développement des communautés péruviennes de tisseurs et producteurs de coton. C’est la raison pour laquelle la certification GOTS est parfaite puisqu’elle a également un volet sociétal en garantissant une juste rémunération aux travailleurs.

Par ailleurs, mes fournisseurs sont également certifiés FairTrade ce qui est un gros plus pour travailler de façon éthique.

Si tu étais ministre de l’écologie quelles mesures pourrais tu favoriser le développement d’idées et d’investissement en France?

Comme évoqué avant : en soutenant des projets à impact positif sur l’environnement. Je développerais davantage d’initiatives et de campagnes de sensibilisation, par exemple sur l’impact CO2 de notre mode de vie : transport, consommation de viande, etc …

En incitant plutôt qu’en taxant, on peut arriver a changer les habitudes du quotidien.

Hormis ton projet professionnel quelles initiatives ta famille et toi prenez vous en faveur de l’environnement?

J’ai la chance d’être accompagné dans la vie par Yasmine, ma compagne qui est investie dans l’environnement par son métier d’architecte spécialisée dans l’éco conception. Elle met en avant dans son travail une démarche de construction d’habitats avec des matériaux bio-sourcés et pensés avec une très basse basse consommation énergétique (par exemple les maisons passives).

Nous sommes curieux et attentifs aux enjeux de notre société et également à notre consommation au quotidien.

Ainsi nous fabriquons notre dentifrice, lessive, produits ménager et nous veillons à ne pas gaspiller de nourriture.

Il faut être prêt à renier un minimum à son confort en étant pas simplement égoiste et voir ce qui se passe un minimum à l’extérieur de notre pays.

Le séjour long au Pérou et le fait d’avoir côtoyé des populations éloignées et vivant dans un confort très modeste m’a permis de prendre beaucoup de recul sur notre mode de vie occidental. Cela me permet aujourd’hui d’avoir un style de vie plus minimaliste et bien moins tourné sur la possession par exemple.

Merci a Jean Guillaume pour son partage et sa disponibilité smile

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Jean GUILLAUME

fondateur de

Pitumarka marque de vetements ecologiques et ethiques

 


 

Pitumarka est le nom d’un village dans les environs de Cuzco, l’ancienne capitale de l’empire Inca.

C’est un nom quechua, l’ancienne langue parlée au Pérou à l’époque des incas 500 ans en arrière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean Guillaume quel est ton lien avec le Pérou?

Je suis donc franco péruvien.

Je suis toujours allé régulièrement au Pérou et j’ai voulu créer un projet en rapport avec ce pays que je connais très bien.

 

Comment la population locale a accueilli ton projet?

Ils ont étés agréablement surpris et étonnés.

Au départ j’ai toujours voulu travailler avec du coton prima, une variété de coton qui ne pousse qu’au Pérou.

Puis ce fut une suite de rencontres qui m’a amené à travailler avec des fournisseurs engagés qui soutiennent les agriculteurs et valorisent une variété de coton rare et colorée : le coton sauvage.

C’est une fibre naturelle dont les populations autochtones ont toujours voulu préserver l’existence.

Ils ont donc étés fiers de ma démarche de création de vêtements dans une fibre naturelle locale et bio.

Quel est le degré d’investissement écologique du Pérou par rapport à la France?

Il est difficile de comparer car le Pérou reste un pays en développement.

L’aspect écologique n’est malheureusement pas une priorité, d’autant que la majorité des gens ne sont pas encore sensibilisés.

Par contre, certaines populations, essentiellement rurales, de part leurs faibles moyens, utilisent des ressources limitées par rapport à la population française et rien de chaque production ne se perd.

La situation est plus complexe dans les grandes agglomérations comme Lima, même si la classe la plus aisée (et la plus cultivée) commence à prendre en compte l’écologie dans leur façon de consommer.

Comment vois tu l’avenir du pays?

La crise sanitaire de l’année 2020 a ralenti considérablement le développement du pays.

Le confinement est toujours en vigueur depuis Mars et perdure jusqu’à maintenant (Septembre 2020).

L’État n’a pas été en mesure d’aider suffisamment la population péruvienne et beaucoup de péruviens ont perdu leurs emplois et se sont endettés.

Le tourisme prenant une part de plus en plus importante dans l’économie du pays, il est évident que le pays mettra du temps a retrouver la dynamique qu’elle connaissait jusqu’à l’année dernière.

Quelles difficultés as tu rencontré pour mettre en place ton projet?

La première difficulté reste la distance, la communication étant compliquée avec le décalage horaire.

J’ai quand même eu beaucoup de chance car pu aller au Pérou en Janvier et Février 2020 et j’ai ainsi pu mettre en place les fondations de mon projet :

rencontre avec mes fournisseurs

choix des matières premières

visite des usines et des ateliers

design et confection des premiers prototypes

etc …

Ce séjour long au Pérou m’a permis de mettre en place une relation de confiance avec mes contacts locaux. Le fait que je sois franco-péruvien a été d’une grande aide pour communiquer et mettre en place le projet plus facilement.

Si tu étais ministre de l’économie quelles mesures pourrais tu favoriser pour le développement d’idées et d’investissement en France ?

Je développerais davantage d’accompagnement pour les entrepreneurs ayant la volonté de s’engager dans une production écologique et responsable.

Beaucoup de jeunes entrepreneurs s’engagent dans le plan personnel et professionnel pour des projets à impact positif. Pour avoir plus de sens dans leur quotidien : ces projets émergent vraiment par conviction. Je pense que je ferais en sorte que ces projets soient mentorés et soutenus par des structures dédiées.

Comment pourrais t-on se rapprocher d’une économie plus juste et solidaire?

De plusieurs façons : en soutenant l’économie locale, les producteurs locaux, et pour les aliments ou produits qui ne sont pas conçus en France :via des entreprises françaises qui travaillent avec des partenaires certifiés Commerce Equitable à l’étranger.

Je pense sincèrement qu’il faut une multitude de petites entreprises qui font fonctionner l’économie globale plutôt que quelques gros acteurs qui s’accaparent les richesses.

Il est primordial aussi de travailler de façon éthique sans exploitation des gens et des ressources naturelles.

Quelles ont étés tes priorités écologiques dans la mise en place de ton projet?

J’ai toujours souhaité m’engager avec un fort label écologique. J’ai ainsi cherché le label le plus exigeant en terme d’environnement et de prix juste et rémunérateur pour les maillons de la production. J’ai donc choisi la certification GOTS (Global Organic Textile Standard) afin de répondre à cette exigence quitte à payer beaucoup plus cher la matière première.

Je ne veux négliger aucun aspect tant environnemental que sociétal avec un fort engagement éthique afin de favoriser le développement des communautés péruviennes de tisseurs et producteurs de coton. C’est la raison pour laquelle la certification GOTS est parfaite puisqu’elle a également un volet sociétal en garantissant une juste rémunération aux travailleurs.

Par ailleurs, mes fournisseurs sont également certifiés FairTrade ce qui est un gros plus pour travailler de façon éthique.

Si tu étais ministre de l’écologie quelles mesures pourrais tu favoriser le développement d’idées et d’investissement en France?

Comme évoqué avant : en soutenant des projets à impact positif sur l’environnement. Je développerais davantage d’initiatives et de campagnes de sensibilisation, par exemple sur l’impact CO2 de notre mode de vie : transport, consommation de viande, etc …

En incitant plutôt qu’en taxant, on peut arriver a changer les habitudes du quotidien.

Hormis ton projet professionnel quelles initiatives ta famille et toi prenez vous en faveur de l’environnement?

J’ai la chance d’être accompagné dans la vie par Yasmine, ma compagne qui est investie dans l’environnement par son métier d’architecte spécialisée dans l’éco conception. Elle met en avant dans son travail une démarche de construction d’habitats avec des matériaux bio-sourcés et pensés avec une très basse basse consommation énergétique (par exemple les maisons passives).

Nous sommes curieux et attentifs aux enjeux de notre société et également à notre consommation au quotidien.

Ainsi nous fabriquons notre dentifrice, lessive, produits ménager et nous veillons à ne pas gaspiller de nourriture.

Il faut être prêt à renier un minimum à son confort en étant pas simplement égoiste et voir ce qui se passe un minimum à l’extérieur de notre pays.

Le séjour long au Pérou et le fait d’avoir côtoyé des populations éloignées et vivant dans un confort très modeste m’a permis de prendre beaucoup de recul sur notre mode de vie occidental. Cela me permet aujourd’hui d’avoir un style de vie plus minimaliste et bien moins tourné sur la possession par exemple.

Merci a Jean Guillaume pour son partage et sa disponibilité smile

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